Votre cause est louable.

Il y a plus de trente-cinq ans, peu après la mort de mon père, ma mère a reçu un diagnostic de sclérose en plaques. Elle vivait dans la maison qu’elle et mon père avaient construite à Thorold, en Ontario, dans laquelle mon frère et moi avons grandi. À un certain point dans la progression de sa maladie, je me suis rendue compte qu’elle ne pouvait plus vivre seule sans aide. Comme elle ne voulait emménager ni avec moi ni avec mon frère, j’ai vendu ma maison à Toronto et je suis allée vivre chez elle. J’ai travaillé pendant plusieurs années, mais l’état de ma mère se détériorant sans cesse, j’ai fini par prendre une retraite anticipée pour être mieux en mesure de répondre à ses besoins. J’aurais voulu me trouver un emploi à temps partiel, mais son dépérissement a été si rapide que je n’ai pas été capable de la laisser seule pour aller travailler. Et bien que je sois prudente financièrement et que je limite mes dépenses au strict nécessaire, j’ai vu mon épargne-retraite fondre au cours des dernières années.

Il y a environ un an et demi, les choses ont empiré et ma mère a dû être hospitalisée pendant plus de six semaines. Un travailleur social du centre d’accès aux soins communautaires local est entré en contact avec nous et nous avons finalement pu obtenir des soins à domicile d’un préposé aux services de soutien à la personne, qui pendant une heure par jour aide ma mère à se laver et à s’habiller. Bien que l’entreprise responsable essaie d’envoyer des préposés qui sont déjà venus et de respecter les heures convenues, c’est souvent impossible. Les changements d’horaire et de personnel sont fréquents et, par conséquent, je doit rester à la maison pour montrer au nouvel employé comment faire ou, en cas de retard, annuler la visite avec frustration, surtout si l’une de nous deux a un rendez-vous médical. Il est parfois plus facile et plus rapide de donner les soins moi-même.

Il y a de cela sept semaines, ma pauvre mère s’est fracturé le poignet. Elle avait donc perdu toute autonomie, ce qui a alourdi ma tâche. Comme elle ne pouvait plus aller à la salle de bain seule la nuit, je dormais peu. Durant cette période où j’avais besoin de l’assistance de ParaMed plus que jamais, les changements d’horaire étaient encore plus fréquents, ce qui a eu pour effet d’alourdir le poids sur mes épaules, qui était déjà à la limite du supportable. Alors, pour la première fois de ma vie, j’ai littéralement craqué. Mon frère, qui a toujours été extrêmement serviable, faisait tout en son possible pour aider. Mais il y a des tâches que je suis la seule à pouvoir faire pour ma mère, et je n’étais pas à l’aise de la laisser seule plus d’une heure.

Ma mère a maintenant 91 ans. Son univers est très limité parce que son état a continué de se détériorer et que bon nombre de ses amis et des membres de sa famille ne sont plus parmi nous. Mon frère et moi sommes toujours dévoués à lui donner la meilleure qualité de vie possible et faisons tout pour qu’elle n’ait jamais à aller vivre dans un foyer de soins infirmiers. Au fil des ans, nous avons rendu visite à quelques-uns de ses amis et à un de ses frères, qui vivaient en maison de soins avant leur mort. Nous avons constaté que tous les établissements manquaient de personnel et que les patients étaient parfois négligés. En ce moment, nous sommes réticents à l’idée de payer pour des services à domicile supplémentaires et nous essayons de tout faire nous-mêmes, car même si nous espérons que notre mère sera éternelle et vivra toujours dans sa maison, nous voulons nous assurer d’avoir les moyens financiers pour l’aider lorsque nous n’en serons plus capables nous-mêmes.

J’ai eu une belle vie et j’ai beaucoup de raisons d’être reconnaissante, mais je crois que notre situation ne devrait pas être si difficile. De combien les coûts de fonctionnement des foyers de soins infirmiers assumés par le gouvernement sont-ils supérieurs à ceux que nécessiterait l’octroi d’un petit soutien supplémentaire aux personnes qui, comme moi, prennent soin de leurs proches vieillissants à domicile, où ils sont plus heureux et plus en santé, et où ils peuvent vivre le reste de leur vie dans le confort que leur offre le meilleur endroit pour eux, avec les gens qui les aiment? Financièrement et humainement, il est insensé de pousser des familles à la faillite simplement parce qu’elles veulent garder leurs proches à domicile au lieu d’opter pour le choix le plus facile pour eux, mais aussi le plus cher pour le gouvernement : les placer dans un foyer où la qualité et la quantité de soins seront bien moindres. J’ai cessé de croire et d’espérer qu’un jour nous aurons le soutien dont nous avons besoin. Bonne chance dans ce que vous entreprendrez; votre cause est louable. 

Aidez-nous à passer le mot. Partagez cette histoire avec votre famille et vos amis.
PARTAGEZ SUR TWITTER
Aimeriez-vous partager une histoire liée à votre expérience des soins de santé?
PARTAGEZ VOTRE HISTOIRE
Exigeons un plan
Joignez-vous à des milliers de Canadiens qui réclament une amélioration des soins aux aînés.
Thank you! Your submission has been received!
Oops! Something went wrong while submitting the form